
Votre première compétition de natation : un guide pour les parents qui n'y sont jamais allés
À quoi ressemble la journée, à quelle heure arriver, quoi mettre dans le sac, et pourquoi votre enfant nage pendant quatre minutes et reste assis pendant six heures.
Votre enfant s'entraîne depuis septembre. Il y a une compétition samedi. Vous n'êtes jamais allé à une compétition, les renseignements qu'on vous a envoyés tiennent pour acquis que oui, et personne ne veut être le parent qui demande ce que veut dire « chambre d'appel ».
Voici toute la journée, du début à la fin.
La version courte
Vous arriverez tôt, il fera chaud, ce sera bruyant, et votre enfant passera environ quatre minutes à nager en course et six heures à ne pas nager. Ce n'est pas une compétition mal organisée. C'est ça, une compétition de natation, et une fois que vous savez à quoi vous attendre, c'est vraiment une belle journée.
Avant de partir de la maison
Votre nageur prend un vrai déjeuner. Pas un déjeuner spécial : celui qu'il mange tous les jours. Le jour de la compétition est le pire moment pour essayer un nouvel aliment.
Vérifiez l'heure de l'échauffement, pas l'heure du début. Ce sont deux choses différentes, et celle qui compte pour vous, c'est l'échauffement. Les nageurs sont habituellement sur le bord de la piscine 15 à 20 minutes avant le début de l'échauffement, ce qui veut souvent dire partir de la maison avant que le soleil soit vraiment levé.
Imprimez la feuille de la session, ou faites-en une capture d'écran, si le club en envoie une. Le wifi des piscines est toujours épouvantable.
Quoi mettre dans le sac
Le sac du nageur :
- Deux paires de lunettes. Pas une. Les courroies brisent au pire moment possible, et un nageur sans lunettes de rechange rate sa course.
- Le bonnet du club, plus un de rechange si vous en avez un.
- Le maillot avec lequel il s'entraîne. Une compétition n'est pas le jour pour étrenner un nouveau maillot de course qui n'a jamais été mouillé.
- Au moins deux serviettes. La première est trempée après la première nage.
- Quelque chose de chaud et de sec : un coton ouaté et des pantalons de survêtement, ou un parka de natation. Les nageurs ont froid assis entre les courses, même dans un édifice chaud, et des muscles froids nagent mal.
- Des sandales. Les bords de piscine sont mouillés, sales et sans pitié.
- Une bouteille d'eau, remplie toute la journée. L'air chloré déshydrate sans qu'on s'en rende compte.
- De la vraie nourriture. Sandwichs, bagels, fruits, pâtes nature. Quelque chose qui contient de vrais glucides, pas seulement des collations. Certaines piscines ont une cantine, mais vous ne pouvez pas compter dessus.
- De quoi s'occuper. Des cartes, un livre, une tablette avec des écouteurs. C'est de loin l'objet le plus sous-estimé du sac.
- Un marqueur permanent, si votre club écrit les épreuves sur les bras. Quelqu'un en a toujours besoin.
Le sac du parent :
- De l'eau et de la nourriture pour vous. Vous ne voudrez pas partir.
- Des couches de vêtements que vous pouvez enlever. Les estrades pour spectateurs sont chaudes et humides.
- Un chargeur de téléphone et une batterie portative.
- Un coussin, si vous avez déjà fait connaissance avec des gradins en aluminium.
Laissez votre beau manteau à la maison. Tout ce que vous apportez sentira le chlore à l'heure du souper.
À votre arrivée
Trouvez la section de votre club du côté des spectateurs et le groupe de votre nageur sur le bord de la piscine. Les plus jeunes nageurs s'assoient habituellement ensemble avec un entraîneur; c'est voulu, et c'est le club qui prend soin d'eux, pas qui les sépare de vous.
L'échauffement, c'est 30 à 45 minutes de nage dans une piscine achalandée, tous les couloirs en circulation, avec l'air d'un vrai chaos. Ce n'est pas le chaos : c'est la façon dont les nageurs préparent leur corps et s'habituent à l'eau dans un édifice qu'ils ne connaissent pas.
Ensuite, il y a une pause. Les officiels se réunissent, les chronométreurs reçoivent leurs consignes, l'annonceur teste un micro que personne n'entend vraiment. C'est normal.
Pourquoi votre enfant nage quatre fois et reste assis six heures
C'est la partie qui prend les nouveaux parents par surprise, alors voici comment ça fonctionne.
Une session de compétition est une longue liste d'épreuves, présentées dans l'ordre : épreuve 1, épreuve 2, épreuve 3, jusqu'à la fin. Chaque épreuve correspond à un style sur une distance, pour un groupe d'âge et un sexe : « Épreuve 14, filles 11-12 ans, 50 m dos ».
Votre enfant de dix ans peut être inscrit à quatre épreuves pendant la session. Ces quatre épreuves pourraient être les numéros 6, 19, 32 et 41. Tout ce qui se passe entre les deux appartient à d'autres nageurs.
Ensuite, chaque épreuve est divisée en vagues, parce qu'une piscine a six ou huit couloirs et qu'il peut y avoir quarante nageurs inscrits. Les vagues sont formées selon le temps d'inscription : les vagues les plus lentes d'abord, les plus rapides à la fin. Votre nageur nage dans une seule vague, qui dure entre 30 secondes et deux minutes selon la distance.
Quatre courses d'environ une minute chacune, ça fait quatre minutes de nage. Le reste de la journée, ce sont les 300 autres enfants qui font la même chose. Impossible d'y échapper : la formule qui donne à chaque enfant une nage juste, chronométrée et officielle est une formule où l'on attend beaucoup.
Une fois que vous acceptez l'attente, les compétitions sont excellentes. Apportez les cartes.
La chambre d'appel, et ce que votre nageur fait vraiment
À beaucoup de compétitions, les nageurs se présentent à une chambre d'appel quelques épreuves avant leur course, sont placés par vague et par couloir, puis sont accompagnés jusqu'aux blocs de départ. À d'autres, ils se rendent directement à leur couloir. Votre club vous dira ce qu'il en est; en cas de doute, la consigne de l'entraîneur l'emporte sur tout ce que vous lisez ici.
Votre rôle pendant ce temps : rien. Vraiment rien. N'accompagnez pas votre nageur jusqu'aux blocs, ne criez pas de conseils techniques des estrades, ne l'interceptez pas quand il revient. L'entraîneur lui parlera après la course, et c'est cette conversation-là qui compte.
Regarder la course
Informez-vous de la vague et du couloir de votre nageur. Avec un bonnet et des lunettes, vus de vingt mètres plus haut, tous les enfants se ressemblent. Connaître le couloir, c'est la différence entre regarder votre enfant et regarder un inconnu.
Encouragez autant que vous voulez. De toute façon, personne n'entend rien sous l'eau, et le bruit fait partie de l'expérience.
Le tableau d'affichage montre le temps immédiatement. Son temps de la compétition précédente est la seule comparaison qui compte. Pas celui du gagnant, pas celui de l'enfant dans le couloir d'à côté.
Les disqualifications, ça arrive
Une disqualification veut dire qu'un mouvement ou un virage ne respectait pas les règlements : les mains qui ne touchent pas le mur en même temps en brasse, un virage de dos mal exécuté, un départ trop hâtif du bloc lors d'un relais. Ce n'est pas de la tricherie et ce n'est pas une catastrophe. Tous les nageurs qui ont déjà nagé ont été disqualifiés un jour, habituellement pendant qu'ils apprenaient un style correctement.
La bonne réaction de parent, c'est « pas de chance, qu'est-ce que l'officiel a dit? », puis laisser l'entraîneur s'en occuper. Les officiels sont des bénévoles, souvent les parents d'autres enfants, et ils ne cherchent qu'une chose : bien faire les choses.
Le bénévolat, et pourquoi vous devriez en faire
Toutes les compétitions de la province fonctionnent grâce aux bénévoles. Surtout les chronométreurs : deux par couloir, avec un chronomètre et un bouton sur lequel appuyer. Aucune expérience n'est nécessaire, les consignes prennent cinq minutes, et les clubs en manquent toujours.
Faites-le. Le temps passe plus vite quand vous avez une tâche, vous êtes sur le bord de la piscine à quelques mètres de l'eau plutôt que dans les estrades, et vous comprendrez beaucoup mieux le sport à la fin de la session. De toute façon, la plupart des clubs, dont le nôtre, ont besoin que chaque parent donne un coup de main à un moment donné pendant la saison.
Le retour à la maison
Ils seront épuisés, affamés, et soit ravis, soit découragés, parfois pour la même nage.
Deux choses valent la peine d'être dites, et rien d'autre. « J'ai adoré te regarder nager. » Ensuite, laissez-les mener. S'ils veulent analyser chaque temps de passage, écoutez. S'ils veulent parler d'autre chose, parlez d'autre chose.
La conversation technique appartient à l'entraîneur. Votre rôle, c'est le trajet du retour, et c'est de ce trajet-là qu'ils vont vraiment se souvenir.
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Si vous vous demandez encore si ce sport convient à votre famille, nous avons aussi écrit la version simple de cette question. Et si votre nageur fait partie de notre club, le calendrier de la saison contient toutes les compétitions.
